La COVID-19 a fait des ravages dans l'économie canadienne. Sur une base trimestrielle, et malgré une lente reprise, l'activité économique continue d'être en deçà des niveaux pré-pandémiques. Les secteurs industriels n'ont pas connu un déclin, ou un rebond, de la même manière. Certaines industries ont vu leur activité augmenter tandis que d'autres sont restées au point mort. De nombreux travailleurs et travailleuses des secteurs de l'hôtellerie, du transport aérien et du tourisme ne savent toujours pas s'ils pourront retourner au travail, ni quand. La quatrième vague émergente pose des menaces supplémentaires qui amènent les travailleuses et travailleurs et les familles à s'interroger sur leur emploi et leur sécurité. Le gouvernement doit continuer à fournir un soutien aux travailleuses et travailleurs, aux entreprises et aux services sociaux afin de favoriser une reprise économique qui soit équitable, inclusive et durable.

Vision d’Unifor

Les retombées de la reprise économique doivent être réparties également entre les ménages du Canada. Pour que cette vision devienne réalité, le gouvernement doit se concentrer sur la création et le maintien de bons emplois sécuritaires. Cela signifie également qu'il faut fournir un soutien continu aux personnes incapables de travailler en raison de restrictions liées à la santé publique ou d'autres circonstances. Un soutien ciblé et des stratégies industrielles sont essentiels pour les secteurs les plus durement touchés, notamment l'hôtellerie, le transport aérien et le tourisme. Malgré les propos alarmistes persistants des économistes conservateurs, en proie à une frénésie de déficits, le gouvernement dispose des outils nécessaires pour faire croître l'économie, instaurer l'équité fiscale et refuser de répéter les compressions qui ont marqué la dernière crise économique du Canada, mal gérée par les conservateurs de Harper.

La pandémie a mis en lumière de nombreuses failles au sein de l'économie canadienne. Le gouvernement a l'occasion de les corriger et de réorienter l'économie vers la justice, l'équité et la résilience.

Unifor recommande au gouvernement fédéral de :

  • Prolonger la Subvention salariale d'urgence du Canada, la Prestation canadienne de la relance économique, la Prestation canadienne de relance économique pour les proches aidants et les autres programmes de soutien du revenu liés à la COVID-19 pendant la quatrième vague de la COVID-19;
  • Réformer le système fiscal en mettant en place un impôt sur la fortune, en éliminant les échappatoires fiscales et en sévissant contre les paradis fiscaux;
  • Investir dans une initiative touristique nationale, Voyager au Canada, pour promouvoir la reprise économique dans le secteur du tourisme, y compris l'hôtellerie, les jeux et les transports;
  • Veiller à ce que les entreprises de diffusion en ligne basées à l'étranger contribuent au contenu canadien dans les médias, et à ce que les plateformes numériques comme Facebook et Google paient pour le contenu des nouvelles créées par les organes de presse canadiens;
  • Continuer à choisir d'enregistrer des déficits au lieu de réduire les services publics dans la recherche d'un équilibre budgétaire.

Contexte

  • Entre mars et octobre 2020, 8,9 millions de personnes au Canada ont bénéficié de prestations spéciales de revenu d'urgence, dont la PCU, fournies par le gouvernement fédéral;
  • Les milliardaires canadiens ont vu leur richesse augmenter de 78 milliards de dollars au cours de la première année de la pandémie, mais les Canadiens à faible revenu sont laissés en difficulté;
  • Il y a 150 000 personnes de moins qu'avant la pandémie qui travaillent dans le secteur de l'hébergement;
  • En juin 2021, l'industrie du transport aérien n'avait récupéré que 10 % de son recul lié à la pandémie; 
  • Les déficits canadiens de 300 milliards de dollars (2020) et de 150 milliards de dollars (2021) liés à la pandémie ont empêché la crise d'échapper à tout contrôle et contribueront à accélérer la reprise.

La COVID-19 a entraîné le plus important ralentissement économique depuis 100 ans. Après s'être contractée de 11,3 % au deuxième trimestre de 2020, l'économie canadienne a rebondi de façon spectaculaire. Malgré des tendances positives, l'activité économique reste en deçà des niveaux pré-pandémiques. L'économie s'améliore, mais elle est loin d'être solide.

Les travailleuses et travailleurs ont vécu ce ralentissement de différentes manières. Certains ont vu peu de changements dans leur routine quotidienne. Nombre d'entre eux ont quitté les bureaux pour se réfugier chez eux. Mais d'autres, dont de nombreux membres du syndicat, ont été les plus durement touchés. Ceux qui sont en première ligne se sont mis en danger pour prendre soin des gens et s'assurer que d'autres avaient accès à la nourriture, à l'Internet et à d'autres biens et services essentiels. Par ailleurs, des millions de personnes ont perdu leur emploi. 

Le secteur canadien du tourisme, notamment les transports, les jeux et l'hôtellerie, continue d'être parmi les plus durement touchés. Dans le secteur du transport aérien, par exemple, l'activité économique est encore inférieure de 80 % aux niveaux pré-pandémiques. Alors que les niveaux de vaccination augmentent et que des centaines de milliers de travailleuses et travailleurs retrouvent lentement un semblant de normalité, il est important que le gouvernement n'oublie pas que l'économie est en train de se rétablir, mais n’est pas complètement guérie.

Le gouvernement fédéral s'est montré à la hauteur de la situation et a aidé les travailleuses et travailleurs touchés par cette pandémie. Les investissements dans les aides au revenu et les subventions salariales et locatives ont permis d'éviter un effondrement économique catastrophique. Ces programmes nécessaires ont coûté des centaines de milliards de dollars, mais ont réussi à stabiliser des millions de personnes ainsi que d'innombrables entreprises, les aidant à surmonter cette tempête sans précédent. Malgré ces dépenses, la situation financière du Canada est en ordre. La cote des obligations est élevée et les taux d'intérêt sont bas. Le Canada peut supporter ces coûts supplémentaires. Sans eux, l'économie aurait sombré. Avec le temps, la croissance économique – et non la réduction des dépenses – permettra de réduire le niveau de la dette.

Alors que la quatrième vague de la pandémie prend de l'ampleur, il est clair que le chômage persistera. Les dernières étapes de la reprise et les dernières phases de la pandémie ne seront pas faciles. Le gouvernement a un rôle important à jouer pour atténuer les conséquences.

Après la crise économique de 2008-2009, le Fonds monétaire international a constaté que ce sont les dépenses publiques – et non les réductions – qui ont accéléré la reprise économique. Il est également clair qu'à l'époque, le gouvernement conservateur du Canada a réduit les aides publiques beaucoup trop rapidement, par crainte des déficits. En conséquence, les travailleuses et travailleurs canadiens ont mis beaucoup plus de temps à se remettre que Bay Street – le gouvernement aurait dû faire plus à l'époque et peut refuser de répéter cette erreur maintenant.

Même lorsque le Canada se rétablira complètement sur le plan économique, le pays doit rebâtir en mieux qu'avant. De nombreuses crises faisaient rage avant la pandémie, notamment celles concernant l'inégalité des revenus, le travail précaire et le changement climatique. Le prochain gouvernement fédéral doit s'attaquer activement à ces crises en mobilisant des ressources et en orientant les dépenses pour créer les politiques industrielles, les infrastructures et les programmes sociaux nécessaires à une économie moderne et inclusive du 21e siècle.